Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 14:24

Petite histoire du ticket de métro parisien

Objet du quotidien de millions de Franciliens, le ticket de métro de Paris est né le  19 juillet 1900 avec l’inauguration de la première ligne de métro (l’actuelle ligne N° 1). Il a bientôt 113 ans. Avant que l’ère de la dématérialisation ne le fasse disparaître de notre quotidien, voici en quelques lignes les grandes évolutions qu’il a connu et qui ne sont que les reflets de l’évolution des modes de vie des Parisiens et des Franciliens.

Un ticket multifacettes !

Le ticket de métro c’est avant tout un titre de transport pratique, économique et écologique. Il se vend aujourd’hui plus de 500 millions de tickets par an. Il a donc un rôle économique non négligeable, ce qui lui a permis aussi d’acquérir un statut politique : connaître ou pas son prix est une question piège de journaliste pour tous hommes politique en campagne !

Enfin pour les touristes qui visitent notre capitale, il est depuis longtemps une de ses petites icônes que l’on conserve précieusement comme témoignage de son passage dans la capitale. On le voit bien, le ticket de métro est indispensable à plus d’un titre pour des millions de personnes !

Dès son inauguration ( le 19 juillet 1900 à 13 heures), la toute nouvelle Compagnie des Chemins de Fer métropolitain de Paris (la CMP) propose à ses voyageurs trois tarifs. Les tickets sont vendus soit à l’unité (l’essentiel des ventes à l’époque) soit en carnet (en format vertical de 30 X 57 mn pour les billets à l’unité et format horizontal de 65 x 30 mm pour les billets de carnet.). Chaque tarif bénéficie d’une couleur distincte : rose pour les premières classe, vendues 20 centimes, crème pour les deuxièmes classe, vendues 15 centimes, vert pour les aller et retour vendus 20 centimes.

VISUEL-TICKET-1-ticket-de-carnet-2ème-classe-1903-

En 1910, parallèlement au développement de la CMP, une nouvelle société inaugure son propre réseau desservant un axe Nord-Sud (l’actuelle ligne 12 Maire D’Issy – Porte de la Chapelle et une partie de la ligne 13) donnant ainsi son nom à la compagnie. Les billets Nord Sud qui sont de couleur grise ont un système tarifaire identique a ceux de la CMP. Le Nord-Sud, faute de rentabilité, finira par être absorbé par la CMP en 1930. Après 19 ans de stabilité, le prix du ticket de métro connaît sa toute première augmentation de … 5 centimes. Le réseau du métro compte alors déjà dix lignes.

VISUEL-TICKET-2-Guichet-dune-station-vers-1910

 Guichet de vente de titre de transport vers 1910

En 1925, afin d’anticiper les augmentations régulières du ticket, un principe « d’alphabet tarifaire » est instauré. A partir de cette date, chaque changement du système tarifaire sera matérialisé par une lettre : A puis B, C, D, etc. Ce principe va durer jusqu’au début des années 1970.

VISUEL-TICKET-3-ticket-de-carnet-tarif-A-1-ère-classe-1925

Ticket de carnet de tarif A de 1 ère classe- 1925

Sous la pression des associations d’anciens combattants de la Grande Guerre, la CMP crée une tarification spéciale « Mutilé de guerre » à l’occasion du passage au tarif D. Le ticket de première est alors à 1,15 francs et à 70 centimes pour celui de seconde. Les mutilés ne paieront leur ticket que 60 centimes.

Le seuil symbolique de 1 franc (ancien !) pour le ticket de deuxième classe est atteint en 1937 lors du passage au tarif F et année de l’Exposition universelle.

En 1939, pour le prix d’un ticket vous aviez alors accès à un réseau comptant 14 lignes et représentant 160 kilomètres de voies. Les restrictions imposées pendant l’Occupation s’appliquent également au ticket de métro. Afin réduire les volumes de papier nécessaire à sa fabrication, on fait disparaître les carnets de 10 billets au profit de carnets de 5 billets, chacun « valable pour deux 2 voyages ».

En 1941, le trafic de voyageur dépasse le chiffre du milliard de voyageurs transporté ! La disparition quasi totale des voitures particulières et du réseau de bus sont les raisons essentielles de cette forte augmentation. En août 1941, les billets aller & retour sont supprimés au profit de la « carte hebdomadaire de travail », valable pour 12 voyages dont le prix est alors fixé 10 francs. Le métro connaît sa période noire. Il ne faut pas oublier que, même sur le réseau parisien, le statut des juifs promulgué par le régime de Vichy trouve son application : interdiction faite aux juifs d’acheter un ticket de première classe et obligation de ne monter que dans la dernière voiture.

VISUEL-TICKET-5-carte-hebdomadiare-de-travail-1941

Carte hebdomadaire de travail – 1941

En 1946, le réseau transporte 1,5 milliard de voyageurs, chiffre record à ce jour jamais égalé. Conséquence de ce pic de fréquentation, pour gagner de la place dans les voitures, on supprime la première classe qui sera rétabli deux ans plus tard. En1947, le prix du ticket tarif M en classe unique est de 5 francs.

En 1948 intervient une évolution notable en matière de tarification : on crée la tarification réduite pour les familles nombreuses (la France connaît alors le fameux Baby Boom). C’est un an après qu’est créée la RATP qui hérite d’un réseau de 166 km de voies et comprenant 14 lignes de métro.

VISUEL-TICKET-6-tarif-réduit-famille-nombreuse-1948-

Ticket de carnet de tarif N de 2 ème classe – tarif réduit “ familles nombreuses”- 1948

En 1958, le changement de tarif est agrémenté d’un changement de couleur : havane pour la deuxième classe et vert pour la première. Le prix du ticket de carnet en seconde passe à 30 francs et à 45 francs pour celui de première.

Entre 1967 et 1970, le principe de l’alphabet tarifaire arrive à la fin de son premier cycle. En 1968, une simplification tarifaire intervient pour l’usager : le ticket de métro devient valable dans le bus. Ce changement tarifaire sera matérialisé par la lettre A.

Après des essais à la fin des années 60, on généralise la bande magnétique sur les tickets et l’installation de composteurs automatique à partir d’octobre 1973, ce qui marque la fin du métier de poinçonneur.

En 1975, on crée la Carte Orange. C’est une véritable révolution pour les déplacements dans la capitale. Elle permet un accès illimité, pour un prix fixe, à tous les moyens de transport d”Île-de-France pendant une période donnée.

VISUEL-TICKET-9-carte-orange-

En 1980, le réseau urbain transporte 1.093.900.000 voyageurs avec 13 lignes et 279 stations représentant près de 200 kilomètres de voies.

La tarification de première classe est supprimée en 1991 pour le métro.

VISUEL-TICKET-10-ticket-de-2-ème-classe-1980-copie-2

Le fameux ticket jaune immortalisé par la campagne de pub “ ticket chic ticket choc “ ( 1978 – 1992)

La dématérialisation du ticket commence en 2001 avec le lancement du Passe Navigo. Il est étendu de manière progressive aux porteurs de la Carte Intégrale, de la Carte Imagine ‘R et enfin de la Carte Orange. La dénomination officielle de Carte Orange ne disparaît définitivement que début 2010.

Dans le cadre de la simplification des tarifs, le ticket passe à la couleur violine et prend l’appellation officielle de Ticket T. Il fait son apparition le 1er janvier 2003. Il succède aux billets qui sont alors émis par chacun des transporteurs franciliens. Il permet d’effectuer un trajet en métro, en bus et également dans le RER pour sa partie parisienne.
Le 1er août 2003, son prix pour un plein tarif atteint le seuil symbolique de 1 euro. A cette époque, le réseau du métro compte 16 lignes, 366 stations et 211 km de voies, auquel il faut rajouter le RER.

En 2007 est créé par le Syndicat des Transports d’Ile de France (le STIF) le Ticket t+. Il remplace l’ancien Ticket T, qui ne permettait pas la correspondance entre les diverses lignes de bus. Au 1er juillet 2011, le prix unitaire du ticket de carnet est à 1,80 euros.

Aujourd'hui :

Ticket metro

navigo

Grégoire Thonnat – auteur du livre  Petite histoire du ticket de métro parisien – Editions SW Télémaque - http://ticketdemetroparisien.blogspot.fr/

Partager cet article

Repost 0
Published by TititeParisienne - dans Le Métro Parisien
commenter cet article

commentaires

Cendrine 01/09/2013 00:49

Un très bel article, passionnant en tous points!
Gros bisous Véronique et un très agréable dimanche, bonne rentrée pour tes enfants.
Cendrine

FANNY 30/08/2013 21:48

Je garde encore la "carte orange" que j'utilisais lors de mon premier voyage et sejour a Paris , en 1980 :-))

Ainsi que les tickets de metro de mes voyages en 1985 et 1993, de precieux souvenirs !
FANNY

TititeParisienne 31/08/2013 11:46



Oui garde les précieusement !



chantal33300 30/08/2013 14:51

merci pour tous ces sujets fort interressants. Je te souhaite un bon week end. Bisous

Jp Dudul 30/08/2013 13:45

Bonjour Véro

Merci pour le joli colibri !
J'espère que tu vas bien et que ta journée est agréable !
Ici, soleil avec 25°C; une petite balade nature pour nous.
bisous de Jean-Pierre

gootchai 30/08/2013 12:32

Magnifique travail sur les tickets du métro!!!! bravo bisous

Présentation

  • : Le blog de TititeParisienne
  • Le blog de TititeParisienne
  • : J'ai ouvert ce blog pour vous parler de "ma ville lumière" PARIS. J'y suis née et j'y habite. Je vous parlerais de mon quartier le 19ème arrondissement, ainsi que des endroits que j'aime pardessus tout, comme Montmartre et l'Île de la Cité. Je vous parlerais aussi des expositions que j'ai vu, des concerts ainsi que des défilés de tous genres. Bienvenue chez moi ...
  • Contact

Recherche

Pages