J'ai ouvert ce blog pour vous parler de "ma ville lumière" PARIS. J'y suis née et j'y habite. Je vous parlerais de mon quartier le 19ème arrondissement, ainsi que des endroits que j'aime pardessus tout, comme Montmartre et l'Île de la Cité. Je vous parlerais aussi des expositions que j'ai vu, des concerts ainsi que des défilés de tous genres. Bienvenue chez moi ...
1986. Paris poursuit son développement à l’est. Activités et constructions se multiplient tant sur la rive droite à Bercy (XIIe arrondissement) que sur la Zac de la rive gauche (XIIIe arrondissement).
Le pont d’Austerlitz devient le pont le plus fréquenté de Paris et le trafic s’accroît inexorablement. Le Conseil de Paris décide alors de doubler le pont de Bercy et de construire un nouvel ouvrage, en amont du pont d’Austerlitz, à 150 mètres du viaduc du même nom, dans le prolongement de la rue Van Gogh et des passages souterrains situés sous le parvis de la gare de Lyon.
En 1988, le projet des architectes Louis Arretche et Roman Karasinski est désigné lauréat d’un concours lancé en1987. Chiffré à 240 millions de francs, le projet se présente sous la forme d’un pont poutre métallique à trois travées de 68, 84 et 55m. Le tablier, porté par deux piles en béton, se compose de deux caissons porteurs latéraux. Légère, la structure rappelle une aile d’avion et, vue de dessous, offre un ventre lisse et blanc évoquant celui d’une baleine.
Bus et automobiles, piétons, cyclistes, chaque moyen de transport dispose de voies spécifiques. Deux trottoirs de 5m encadrent une chaussée de 18m pour une largeur utile de 31,60m sur une longueur totale de 207,75m.
La mise en service d’un mini-métro automatique pour relier directement la gare de Lyon et la gare d’Austerlitz est prévue.
Entrepris en 1993, les travaux dirigés par Jacques Monthioux, se terminent en 1996. Le nouvel ouvrage d’art est inauguré le 8 août 1996 après 35 mois de travaux. Au nom initialement choisi de « pont Genty » a été substitué le très politique et consensuel nom de pont Charles-de-Gaulle. Coût pour le seul ouvrage : 180 millions de francs. Mais au final pas de mini-métro !
Emblématique de la seconde moitié du XXe siècle par son design élégant et par son fonctionnalisme poussé au plus haut point, le pont Charles-de-Gaulle, le dernier construit sur la Seine à Paris au XXe siècle, passerait presque inaperçu en raison de la pureté de ses formes et de l’absence de tout motif décoratif. La nuit, un astucieux dispositif d’éclairage souligne la légèreté visuelle du tablier. Son prix « du plus beau pont métallique » obtenu en 1998 n’est pas usurpé.
S’il s’intègre parfaitement dans le cadre du quartier moderne de la gare de Lyon, rive droite, et avec les nouveaux bâtiments du XIIIe arrondissement nés à l’est de la gare d’Austerlitz, rive gauche, il contraste incontestablement avec les structures métalliques ajourées et décorées du viaduc d’Austerlitz son plus proche voisin et avec les bâtiments de la gare d’Austerlitz (1840, puis 1846, puis 1862-1870).
En passant de la rive gauche à la rive droite – sens unique de la circulation automobile – la verticalité désuète de la tour de l’horloge de la gare de Lyon (1847-1849) fascine le regard et rassure ceux qu’effraierait la modernité glacée de l’ensemble. En aval la vue s’étend du viaduc et du pont d’Austerlitz jusqu’aux clochers et clochetons de l’Hôtel de ville et de l’église Saint-Gervais. En amont, le bâtiment du ministère de l’Economie et des Finances précède les deux étages du pont de Bercy et la silhouette du POPB.
Traversant dans le sens rive droite - rive gauche, l’arc de cercle métallique du viaduc d’Austerlitz aimante la vue qui peut se poser ensuite sur la gare d’Austerlitz et l’ouverture de l’avenue de France.